Segunda-feira, 14 de Maio de 2007

Portugal Segundo os Franceses

 

 

   "Dûment capitonné de circonspection, exercez-vous au maniement de la troisième personne, la seula qui, même avec les enfants, puisse vous être de publique utilité; en ayant soin de faire précéder le prénom d'une femme du mot Dona (ainsi: Dona Florinda, Dona Encarnação) et, d'appeler indistintement "Votre Excellence" toute personne bien mise, en réservant aux autres le vocatif plus modeste de Votre Grâce (Vocemêcé [sic]). N'hésitez jamais, en présence d'un adulte, à lui donner du "Seigneur Docteur"; il ne saurait, même si l'attribution est généreuse, en pendre ombrage. Ne perdez pas de vue que dans la correspondance ceux à qui vous vous adresez ont droit à un "Excellentissime" qui résout d'heureuse façon le problème de l'égalité par le haut. Quant à la formule des fins de lettre, sans laquelle vous seriez voué à l'oppobre et à la honre, contentez-vous, afin de ne pas surcharger votre mémoire, de celle-ci, toute quotidienne et classique:

   "Je me souscris,

    avec les protestations de ma considération la plus élevée,

        De votre Excellence

        Très Attentif, Vénérateur et Obligé."

   Un juge, dans le libellé d'une adresse, ne saurait être que "Très méritant", un médecin, "distingué", et un professeur, "très digne".

   Si vous êtes journaliste – ceci est un case limite – n'appuyez pas sur la chanterelle de l'ironie, dont la frontière n'est pas toujours facile à tracer. Par example, n'insistez pas sur les palmiers; cela fait colonial, et pourra vous attirer des remontrances par voie des chancelleries. Vous demanderez évidemment à entendre des fados, et l'on accédera à votre désir. A l'air d'extase du public qui se presse sous les voûtes des cabarets, n'allez pas vous croire autorisé à faire l´eloge de ce chant nostalgique et prenant. On vous dira qu'il vide l'âme de toute énergie, et vous ne pourrez sauver la mise qu'en allant écouter les allègres chansons populaires du nord.

   La pire erreur à ce propos serait de citer ces vers d'opérette – et de mirliton – qui ne répondent à d'autre exigence qu'a celle de la rime: "Les Portugais – sont toujours gais...". Le vrai, c'est qu'ils sont volontiers méditatifs, et qu'ils refusent de se laisser circonscrire en une formule de librettiste. Ils savent, malgré leur douceur, avoir dent dure et la rancune tenace; Paul Morand en sait quelque chose, qui se vit, au temps où il sollicitait le poste d'ambassadeur sur la rive du Tage, refuser fermement l'exequatur: on n'avait pas oublié en haut lieu certain "Lorenzaccio" de "L'Europe Galante"."

Armand Guibert (1906-1990), in Savoir-Faire International (1950)

 

 

© Blog da Rua Nove

publicado por blogdaruanove às 14:47
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